Guillaume SEZNEC
A quelques jours de la décision définitive de la Cour de révision, dans le climat général de confiance, nous avions écrit à Clément, évêque de Quimper et de Léon.A Plomodiern, on le sait, la religion chrétienne imprègne, depuis plus de mille cinq cents ans, la culture et les mentalités. Si l'électorat chrétien ne représente plus guère que 30 % des voix, son influence politique est déterminante, voire dominante. Point de victoire élective sans son assentiment !Nous avions souvent été surpris d'entendre, au sortir de la messe dominicale, de bonnes chrétiennes assassiner la mémoire de Guillaume en participant au coeur des délatrices. Nous avions été intrigué de la confidence du père Jean, dernier curé résidant de Plomodiern, qui nous avait affirmé rendre des messes pour la mémoire de Guillaume en cachant, selon leur volonté express, l'identité des bienfaiteurs.Quelle avait pu être l'attitude des 'églises locale, départementale et régionale à l'égard de Guillaume?Nous avions été sensible aux excuses formulées, de la bouche de madame Hutin, à Denis Leher-Seznec, au nom de Ouest-Eclair, l'ancêtre du journal Ouest-France : "Nous reconnaissons que notre journal a commis deux grandes erreurs : avoir été anti-Dreyfusard, avoir été anti-Seznec".Se pouvait-il que l'Eglise, à l'époque, adoptât une posture différente de celle de son organe de presse?Des études restent à mener...Aujourd'hui, tout nous laissait espérer que l'Eglise avait pris, comme Ouest-France, une inclinaison...plus chrétienne.Le 29 novembre, deux semaines avant la décision de la Cour, notre lettre priait Clément Guillon de bien vouloir accepter, en l'absence de curé, célébrer une messe à Plomodiern en mémoire de Guillaume, " dans l'attente de la justice de hommes", lui avions nous écrit.Sa réponse, aimable, nous est parvenue diplomatiquement vingt jours après le refus de la réhabilitation. Négative ! Avec un argument que nous ne cessons, depuis, de méditer : "j'ai le regret de vous dire que cela ne me paraît pas possible. Il me semble en effet que cela n'atténuerait en rien la persistance des haines dont vous me parlez".Ainsi, notre évêque Clément, comme l'on dit dans les bonnes familles, a conscience des haines locales et ne croit pas qu'il puisse les atténuer. Sans berger, les brebis plomodiernaises sont donc laissées à leurs bas instincts haineux. Quelle déception, nous qui croyions que le rôle de l'évêque, à l'instar du Christ, était de mener son troupeau vers des herbages paisibles et humains !Ainsi donc, l'évêque de Quimper et de Léon abandonne ses ouailles à leurs haines. Et il ne s'agit pas d'ouailles ordinaires : l'évêque Clément oublie que les Plomodiernais sont ceux qui, il y a 1500 ans, ont offert à Saint-Corentin, qui deviendra le premier évêque de Quimper, son bel et ombrageux ermitage !Pauvre Guillaume : la Justice des hommes n'a pas jugé devoir "laver la mémoire du mort" et celle de Dieu accepte que les vivants continuent de la noircir.Nous allons questionner ...Benoît, à Rome et vous tiendrons informés de sa réponse.
L'église, curieuse . . . !
2006 - Les textes et photographies sont libres de droit - Gilles RENAUD - 1er juillet 2006 -
 
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